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Membre d'quipage dirigeant le dbarquement des vhicules sur le pont-garage d'un ferry ro-pax

Ferries et navires à passagers : tenir la disponibilit tout en restant conforme (IMO FAL, SOLAS)

Tangi Capitaine

Sur une ligne rgulière, la maintenance ne se juge pas au nombre d'ordres de travail clôturs, mais à une seule question pose chaque matin sur la passerelle : est-ce que le navire part à l'heure ? Un ferry qui enchaîne six à dix rotations par jour, un navire à passagers qui charge 800 personnes et 200 vhicules en quarante minutes : aucun de ces exploitants ne dispose de la marge d'un cargo tramp. La maintenance navire à passagers est un exercice d'quilibriste entre une disponibilit quasi totale et un cadre rglementaire — SOLAS, Code ISM, convention FAL de l'OMI — qui ne tolère aucun raccourci.

Le transport de passagers ajoute trois pressions au mtier du fret. Commerciale : une traverse annule n'est pas reporte, elle est perdue, et elle se paie deux fois, en billets rembourss et en rputation. Humaine : à bord, ce ne sont pas des conteneurs mais des personnes, dont certaines à mobilit rduite, dont il faut connaître le nombre exact et l'identit à chaque instant. Rglementaire : engins de sauvetage, dtection incendie, exercices d'quipage et enregistrement des personnes à bord relèvent d'obligations dates, inspectables et sanctionnables.

Cet article dtaille comment tenir les trois : structurer un prventif compatible avec des fenêtres de quinze minutes, identifier les quipements dont la panne annule rellement une traverse, scuriser la conformit, organiser la passation entre quipes tournantes et piloter le tout avec des indicateurs qui parlent à un directeur d'exploitation autant qu'à un chef mcanicien.

L'quation propre au transport de passagers

Une rotation perdue ne se rattrape pas

Sur une ligne côtière ou insulaire à rotations serres, la logique s'inverse : le planning est construit au plus juste, les crneaux d'accostage sont partags, les mares et les fenêtres portuaires ne se ngocient pas. Une avarie de quarante minutes au poste ne coûte pas quarante minutes : elle dcale toute la journe, fait sauter la dernière rotation et laisse des passagers à quai.

Cette asymtrie doit se traduire dans la politique de maintenance. Sur un cargo, on raisonne en coût de l'intervention. Sur un ferry, il faut raisonner en coût d'indisponibilit : le prix d'une pièce en double devient drisoire face à la valeur d'une traverse annule en haute saison.

L'image de marque fait partie des actifs à entretenir

Sur un navire à passagers, la panne n'est pas invisible : climatisation en dfaut sur un pont bond en août, sanitaires hors service, ascenseur bloqu. Ces incidents ne mettent personne en danger, mais ils produisent des avis en ligne et des rclamations. Le primètre de la maintenance englobe donc tout ce que le passager voit et ressent, et cela doit figurer au plan prventif au même titre que les auxiliaires.

La scurit des personnes change l'chelle du risque

En cas d'incident, l'enquête ne portera pas seulement sur l'avarie, mais sur la capacit de l'armement à dmontrer qu'il maîtrisait son navire : plans de maintenance à jour, exercices raliss, effectif à bord connu, certificats valides. Le Code ISM impose prcisment cela dans sa section 10 — un système d'entretien document, avec inspections à intervalles appropris et traitement des non-conformits.

Ferry ro-pax rampe arrière abaisse pendant le chargement des vhicules
Entre deux rotations, la fenêtre de maintenance se compte en minutes. Tout ce qui n'est pas prpar ne se fera pas.

Des fenêtres de maintenance qui se comptent en minutes

Cartographier le temps disponible avant de planifier

L'erreur classique consiste à importer sur un ferry un plan conçu pour un navire au long cours, avec des tâches de trois ou quatre heures. Elles ne seront jamais faites, ou systmatiquement reportes, ce qui dgrade la crdibilit de tout le système. Il faut recenser honnêtement les fenêtres rellement disponibles sur un cycle d'exploitation type.

  • Entre deux rotations : 10 à 30 minutes, un seul intervenant, pas de consignation lourde, aucun espace confin. On y loge rondes, relevs, graissages, tests fonctionnels et contrôles visuels.
  • Creux de trafic : 1 à 3 heures, machine disponible sur un moteur, consignation partielle d'un auxiliaire redond.
  • Nuit à quai : 6 à 10 heures, la vraie fenêtre de travail, sous contrainte de bruit en zone urbaine et de disponibilit des quipes de nuit.
  • Journe d'immobilisation programme : hebdomadaire ou mensuelle selon les lignes, rserve aux oprations qui exigent un navire froid.
  • Arrêt technique et cale sèche : la seule fenêtre pour la coque, les lignes d'arbres, les propulseurs et les gros carnages.

Cette typologie devient le squelette du plan : chaque tâche du prventif reçoit une tiquette de fenêtre, et le système ne propose à l'quipe que ce qui est ralisable dans le temps dont elle dispose. C'est le principe de base d'un plan de maintenance prventive efficace : la faisabilit prime sur l'exhaustivit thorique.

Dcouper le prventif en tâches atomiques

Une visite de quatre heures sur un groupe lectrogène ne tient dans aucune fenêtre de rotation. Elle peut être dcompose en huit oprations de vingt à trente minutes, chacune autonome, avec son point de reprise et son contrôle de fin. Le dcoupage rend la tâche excutable, permet de mesurer l'avancement rel et vite l'effet « tout ou rien » où une intervention interrompue laisse un quipement partiellement dmont au moment d'appareiller.

  1. Chaque fragment se termine sur un tat sûr et rversible. Si la rotation suivante impose de tout remonter, le dcoupage est mauvais.
  2. Chaque fragment porte sa propre liste d'outils et de pièces. Vingt minutes de fenêtre disparaissent en cinq si le mcanicien doit chercher un joint au magasin.
  3. Chaque fragment est traçable individuellement. Sur un navire à double quipage, l'oprateur qui reprend doit voir immdiatement où en est la squence.

Protger les fenêtres longues

Les nuits à quai sont rapidement colonises par le curatif, et le prventif lourd finit par ne jamais être fait. La parade consiste à sanctuariser un volume horaire hebdomadaire ddi au prventif, arbitr au niveau de l'exploitation et non du bord, puis à mesurer son taux de respect. C'est aussi la porte d'entre vers une dmarche conditionnelle : analyses d'huile, mesures vibratoires, thermographie. Peu coûteuses en immobilisation, elles permettent de dclencher l'intervention lourde au moment choisi.

Les quipements dont la panne annule une traverse

Tous les quipements ne se valent pas. Une catgorie se distingue : ceux dont la dfaillance ne dgrade pas le service mais l'interrompt. Identifier cette liste avec le commandant et le chef mcanicien, puis lui appliquer un rgime prventif renforc, est l'action à plus fort rendement du dispositif.

Éܾ𳾱ԳImpact d'une panne sur l'exploitationParade prventive
Propulsion principale (moteur, rducteur, ligne d'arbre, hlice à pas variable)Annulation ou vitesse rduite, effet en cascade sur toute la journeAnalyses d'huile et suivi vibratoire, relevs à chaque quart, pièces d'usure remplaces sur compteur horaire
Propulseur d'trave ou azimutalManœuvre impossible en port exigu : escale annule ou remorqueur imposEssai fonctionnel avant chaque appareillage, contrôle du groupe hydraulique et des joints d'arbre
Portes-rampes, visières et portes d'accèsChargement des vhicules impossible : traverse annule même avec propulsion disponibleContrôle hydraulique hebdomadaire, vrification des fins de course et interverrouillages, essai des commandes de secours
Appareil à gouverner et barre de secoursInterdiction d'appareiller ; rtention quasi certaine en inspectionEssais avant chaque appareillage selon SOLAS, contrôle des niveaux et fuites, essai du système de secours
Stabilisateurs et systèmes anti-roulisConfort dgrad et rclamations ; limitation oprationnelle par mer formeContrôle des vrins et de la centrale hydraulique avant saison, essais de dploiement à intervalle fixe
Climatisation et ventilation des locaux passagersInconfort massif en saison chaude, parfois fermeture d'un pont au publicFiltres et batteries nettoys sur compteur d'heures, tanchit du circuit frigorifique, redondance
Sanitaires, eaux uses et eau potableFermeture de blocs sanitaires, risque sanitaire, non-conformit MARPOL Annexe IVDtartrage et curage programms, suivi des pompes de relevage, contrôle de la chloration
Billettique, contrôle d'accès et information passagersEmbarquement manuel, escale double, comptage dgrad, consignes de scurit non diffusablesRedondance des lecteurs et amplificateurs, procdure dgrade teste, synchronisation hors connexion des listes
Ascenseurs et quipements d'accessibilit PMRPassagers à mobilit rduite non accueillis : refus d'embarquement, exposition juridiqueContrat de visite priodique, essais de descente de secours, stock de cartes lectroniques
Engins de sauvetage et systèmes d'vacuationRduction du nombre de passagers autoriss, voire interdiction d'appareillerInspections hebdomadaires et mensuelles, rvisions annuelles en station agre, suivi des premptions
Dtection et lutte contre l'incendieRtention immdiate ; risque majeur, aggrav sur les ponts garageTest tournant des dtecteurs zone par zone, essais des pompes incendie et de secours, portes coupe-feu

Ce tableau n'est pas universel : chaque ligne, chaque navire et chaque port ont leurs points durs. Reconstruisez-le pour votre exploitation en dpouillant les six derniers mois de retards avec les officiers : une passerelle d'embarquement à terre ou une simple pompe de cale y pèsent parfois plus lourd qu'un organe majeur. Le module Éܾ𳾱Գs permet ensuite de matrialiser cette criticit dans l'arborescence du navire.

Scurit et conformit : le socle non ngociable

Engins de sauvetage et exercices

Le chapitre III de la SOLAS encadre les engins de sauvetage et leur disponibilit oprationnelle. La règle 20 impose des inspections et un entretien à intervalles dfinis : contrôles hebdomadaires, inspections mensuelles avec liste de vrification, rvisions annuelles des radeaux, brassières gonflables et dispositifs de mise à l'eau en station agre, et rvision approfondie des croches de largage à intervalle quinquennal. Sur un navire à passagers, la règle 19 impose en outre un exercice d'abandon et un exercice d'incendie chaque semaine, contre une priodicit mensuelle sur la plupart des navires de charge.

S'y ajoute le rassemblement des passagers : depuis les amendements entrs en vigueur le 1er janvier 2020, il doit avoir lieu avant l'appareillage ou immdiatement après, et non plus dans les vingt-quatre heures suivant l'embarquement. Pour un exploitant de lignes courtes, cela impose une organisation par rotation, avec diffusion des consignes de scurit et traçabilit de cette diffusion.

Ce sont autant d'chances rcurrentes, courtes et nombreuses. Un tableur partag entre plusieurs navires tient tant qu'il n'y a ni absence ni changement d'quipage. Les grer comme des tâches priodiques dans un système de maintenance planifie, avec alerte automatique et preuve d'excution horodate, supprime cette fragilit.

Dtection incendie et cloisonnement

Le risque incendie est aggrav par la densit d'occupation et par les vhicules, thermiques comme lectriques, sur les ponts garage. Le chapitre II-2 de la SOLAS impose dtection, alarme, moyens fixes d'extinction, contrôle des portes coupe-feu et des ventilations. Quatre remarques reviennent en inspection : dtecteurs non tests zone par zone sur un cycle complet, portes coupe-feu maintenues ouvertes par des cales, volets d'incendie gripps, essais de pompe de secours non tracs. Ces quatre points doivent figurer explicitement au plan prventif, avec une preuve d'excution par zone et non un « OK » global.

Listes de passagers, FAL Form 6 et comptage des personnes à bord

La convention FAL de l'OMI (convention visant à faciliter le trafic maritime international, 1965) normalise les documents changs avec les autorits portuaires. Parmi les formulaires standardiss, le FAL Form 6 est la liste des passagers : elle identifie le navire (nom, type, numro OMI, indicatif d'appel), le voyage, le port et la date d'arrive ou de dpart, et pour chaque passager le nom de famille et les prnoms, la nationalit, la date et le lieu de naissance, le type et le numro du document d'identit, ainsi que les ports d'embarquement et de dbarquement. Depuis le 1er janvier 2024, l'change lectronique de ces donnes via un guichet unique maritime est devenu obligatoire dans le cadre de la convention FAL, ce qui met fin à la tolrance pour les listes papier remises à la coupe.

Cette exigence FAL, de nature douanière et frontalière, ne doit pas être confondue avec l'obligation de scurit issue de la SOLAS. Le chapitre III, règle 27, impose que toutes les personnes prsentes à bord soient comptes avant le dpart et que leurs informations soient enregistres ; les personnes ayant dclar un besoin de soins particuliers ou d'assistance en cas d'urgence doivent être identifies, et cette information communique au capitaine avant l'appareillage. Dans l'Union europenne, la directive 98/41/CE renforce ce dispositif pour les navires à passagers au dpart ou à destination d'un port de l'Union, avec transmission vers un point unique et dsignation d'un responsable de l'enregistrement des passagers au sein de la compagnie.

Deux logiques cohabitent donc à bord, et les confondre est une source classique de non-conformit :

  • Le comptage : combien de personnes exactement se trouvent à bord au moment de larguer les amarres, quipage inclus. Donne de scurit, elle sert aux moyens de secours et au dimensionnement de l'vacuation.
  • L'enregistrement nominatif : qui est à bord, avec les donnes d'identit requises. C'est la donne qui alimente le FAL Form 6, les contrôles frontaliers et, en cas de sinistre, la recherche des personnes.

Le module Passagers de Smart Sailors a t conçu autour de cette double exigence : gnrer la liste au format FAL Form 6, maintenir le comptage à jour, grer les besoins d'assistance dclars et conserver l'historique horodat de chaque traverse. La disponibilit hors connexion de l'application mobile a ici une valeur directe : le comptage ne dpend ni de la couverture rseau à la coupe, ni du Wi-Fi en fond de cale.

Certificats et visites

Un navire à passagers cumule un nombre inhabituel de titres : certificat de scurit pour navire à passagers, certificats de radiocommunication, documents ISM et ISPS, certificats MARPOL, agrments des stations de rvision des radeaux, homologations d'ascenseurs. Chacun a sa date, sa fenêtre de visite intermdiaire et son metteur ; la perte de validit d'un seul suffit à immobiliser le navire. Le module Certificats centralise ces chances par navire et par flotte, avec relances anticipes, l'objectif tant de programmer les visites dans les fenêtres de maintenance djà identifies.

À retenir — Trois obligations doivent être traites sparment et traces distinctement. (1) L'entretien et les inspections des engins de sauvetage et de la dtection incendie, au rythme impos par les chapitres III et II-2 de la SOLAS, avec exercices d'abandon et d'incendie hebdomadaires. (2) L'enregistrement des personnes à bord au titre de SOLAS III/27 : comptage avant le dpart et identification des personnes ncessitant une assistance, communique au capitaine. (3) La liste des passagers au format FAL Form 6 de l'OMI, transmise lectroniquement via le guichet unique maritime depuis le 1er janvier 2024. Une seule de ces trois lignes non tenue suffit à transformer une escale de routine en rtention.

La traçabilit exige en cas d'incident

Après un incident, la chronologie devient la pièce maîtresse. Les questions de l'administration du pavillon, de l'assureur et de l'enquêteur sont toujours les mêmes : quand cet quipement a-t-il t contrôl pour la dernière fois, et par qui ? Quelle anomalie avait t signale, et qu'en a-t-on fait ? Combien de personnes se trouvaient à bord ? Qui avait dclar un besoin d'assistance ?

Une organisation qui doit reconstituer ces rponses a posteriori, à partir de cahiers manuscrits et de la mmoire des officiers, part avec un handicap srieux, y compris lorsqu'elle a correctement travaill. Trois principes suffisent à scuriser l'essentiel :

  • Saisie au moment de l'acte, par la personne qui l'excute, et non en fin de semaine par le second mcanicien qui recopie des notes parses.
  • Horodatage et identification non modifiables : un enregistrement corrig doit conserver la trace de sa correction, comme dans un journal machine numrique conçu pour l'audit.
  • Chaînage anomalie → dcision → intervention → contrôle. Un dfaut signal puis laiss sans suite documente est plus dommageable qu'un dfaut jamais signal.

Organisation terre-bord et passation entre quipes tournantes

La plupart des ferries fonctionnent en double ou triple quipage. Les incidents d'exploitation naissent rarement d'un manque de comptence : ils naissent à la couture entre deux quipes. Une anomalie constate le vendredi soir, juge mineure, non crite, disparaît avec l'quipe qui dbarque et rapparaît trois semaines plus tard sous forme d'avarie bloquante.

La parade est structurelle : la passation ne doit pas reposer sur un change oral de dix minutes à la coupe, mais sur un tat du navire consultable, à jour et identique pour tous. L'quipe montante doit trouver sans avoir à demander : les tâches en retard et leur motif, les quipements en fonctionnement dgrad, les interventions en cours et leur point d'arrêt, les pièces commandes et les chances rglementaires du mois. Un tableau de bord partag remplit ce rôle bien mieux qu'un classeur laiss au carr.

La règle de rpartition la plus efficace est simple : le bord dtient l'excution et l'observation, la terre dtient l'arbitrage et l'approvisionnement. Cela suppose une base commune et une synchronisation qui tolère l'absence de connexion. Sur un navire à passagers, le suivi des brevets mrite une vigilance particulière : les qualifications de gestion de foule et de gestion de crise doivent rester valides pour l'ensemble du rôle d'quipage, personnel hôtelier compris.

Pièces critiques : le double stock qui sauve la saison

Sur une ligne rgulière, le dlai d'approvisionnement est l'ennemi principal. Un capteur de position de rampe, une carte de commande de propulseur d'trave ou un vrin de stabilisateur peuvent afficher huit à quatorze semaines de dlai constructeur. Attendre la panne pour commander revient à accepter une immobilisation de plusieurs semaines, en gnral au pire moment de l'anne.

La mthode consiste à croiser deux axes : la criticit exploitation (la panne annule-t-elle une traverse ?) et le dlai d'obtention. Les articles cumulant forte criticit et long dlai justifient un stock de scurit à bord ou dans un magasin d'escale, même si leur rotation est nulle : c'est un investissement d'assurance, pas un stock au sens comptable, et il doit être arbitr comme tel. Les articles critiques mais à dlai court se gèrent par contrat cadre avec engagement fournisseur ; le reste, sur seuil de rapprovisionnement.

Deux complments font la diffrence sur une flotte. La mutualisation d'abord : sur des navires sœurs, un jeu de rechanges partag et prcisment localis vaut mieux que trois stocks partiels et flous. La discipline d'inventaire ensuite : une pièce prsente mais introuvable quivaut à une pièce absente, avec en prime une heure perdue à la chercher pendant que la rotation attend. Les principes de notre guide sur la gestion des stocks MRO s'appliquent directement, et le module Stocks dclenche les rapprovisionnements sur seuil sans chaîne de courriels.

Les KPI spcifiques d'une exploitation à passagers

Les indicateurs classiques — taux de ralisation du prventif, MTBF, MTTR — restent utiles, mais ils ne parlent pas au directeur d'exploitation. Sur une ligne rgulière, quatre indicateurs font le lien entre la machine et le commercial.

  • Fiabilit des traverses : traverses effectues rapportes aux traverses programmes, avec distinction claire des causes (technique, mtorologique, portuaire, commerciale). C'est l'indicateur de tête, celui que l'on prsente au comit de direction.
  • Minutes de retard imputables à la technique : cumul mensuel des minutes de retard au dpart dont la cause première est une avarie ou une intervention. Ramen au nombre de rotations, il mesure directement la performance de la maintenance.
  • Taux de respect des fenêtres de maintenance : part des heures sanctuarises effectivement consacres au prventif. Un taux qui s'effondre annonce, deux à trois mois à l'avance, une remonte des pannes.
  • Taux de conformit des chances rglementaires : exercices raliss dans les dlais, inspections d'engins de sauvetage à jour, certificats sans drive. Il doit rester à 100 % ; toute valeur infrieure est un signal d'alerte, pas une tendance à commenter.

Ce que Smart Sailors apporte à un exploitant de navires à passagers

Smart Sailors est une ϳԹ maritime conçue par des marins, utilise sur plus de 700 navires, avec une application mobile qui fonctionne hors connexion. Trois modules couvrent l'essentiel du besoin dcrit ici.

  • Maintenance : prventif dcoup en tâches courtes, tiquetes par fenêtre d'excution, dclenches sur date ou sur compteur d'heures, avec preuve d'excution horodate et historique par quipement.
  • Passagers : liste au format IMO FAL Form 6, comptage des personnes à bord, gestion des besoins d'assistance, archivage par traverse — pour rpondre à la fois à la logique FAL et à l'exigence SOLAS III/27.
  • Certificats : suivi des titres du navire et des chances de visite, alertes anticipes, vision consolide sur la flotte.

Le dtail des 12 modules et les conditions tarifaires sont consultables en ligne, essai gratuit de 30 jours inclus.

FAQ

Quelle est la diffrence entre le FAL Form 6 et l'enregistrement des personnes à bord au titre de la SOLAS ?

Le FAL Form 6 est la liste des passagers normalise par la convention FAL de l'OMI : un document de facilitation destin aux autorits portuaires, douanières et frontalières. L'enregistrement prvu par la règle 27 du chapitre III de la SOLAS relève de la scurit : compter toutes les personnes à bord avant le dpart, enregistrer leurs informations et identifier celles qui ont dclar un besoin d'assistance, information communique au capitaine avant l'appareillage. Les deux obligations se recoupent partiellement mais ne se substituent pas l'une à l'autre.

Comment planifier de la maintenance prventive quand les escales durent vingt minutes ?

En cessant de raisonner en tâches longues. On recense d'abord les fenêtres rellement disponibles — entre deux rotations, creux de trafic, nuit à quai, immobilisation programme, arrêt technique — puis on dcoupe chaque opration prventive en fragments autonomes calibrs pour la fenêtre vise, chacun se terminant sur un tat sûr et rversible. Le système ne propose alors que les tâches compatibles avec le temps disponible, ce qui fait remonter mcaniquement le taux de ralisation.

Quels exercices sont obligatoires sur un navire à passagers et à quelle frquence ?

Le chapitre III de la SOLAS impose sur les navires à passagers un exercice d'abandon et un exercice d'incendie chaque semaine, contre une frquence mensuelle sur la plupart des navires de charge. S'y ajoute le rassemblement des passagers nouvellement embarqus, à effectuer avant l'appareillage ou immdiatement après depuis les amendements entrs en vigueur le 1er janvier 2020. Les autres exercices s'organisent selon le système de gestion de la scurit de la compagnie et les exigences de l'État du pavillon.

Faut-il stocker en double toutes les pièces critiques d'un ferry ?

Non. Le double stock se justifie au croisement de deux critères : la criticit pour l'exploitation et le dlai d'approvisionnement. Une pièce dont la panne annule une traverse et dont le dlai constructeur dpasse plusieurs semaines mrite un exemplaire immobilis, même sans rotation. Une pièce critique mais disponible sous quarante-huit heures se traite par contrat cadre avec engagement du fournisseur.

Quel indicateur suivre en priorit pour piloter la maintenance d'une ligne rgulière ?

Les minutes de retard imputables à la technique, rapportes au nombre de rotations. C'est l'indicateur qui traduit la performance de la maintenance dans le langage de l'exploitation, et qui permet d'arbitrer sereinement un investissement en pièces ou en heures de prventif. Il se complète du taux de fiabilit des traverses et du taux de respect des fenêtres sanctuarises.

Conclusion

Tenir la disponibilit d'un navire à passagers ne consiste pas à faire plus de maintenance, mais à la faire au bon format, au bon moment et sur les bons quipements. Trois dcisions structurent le reste : dcouper le prventif pour qu'il entre dans les fenêtres d'exploitation, identifier les organes dont la panne annule une traverse et leur appliquer un rgime renforc, et traiter la conformit — SOLAS chapitres III et II-2, FAL Form 6, certificats — comme un flux d'chances outill plutôt que comme une course avant inspection.

Vous exploitez une ligne rgulière ou une flotte de navires à passagers ? adapte à votre exploitation, ou dmarrez un essai gratuit de 30 jours pour tester le dcoupage de votre prventif et la gnration de vos listes FAL Form 6 sur une rotation relle.

Les contraintes des navires à passagers s'ajoutent à un socle commun que prsente notre guide de la ϳԹ maritime.

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