Une dtention en escale est rarement une surprise. L'inspecteur du Port State Control ne fait gnralement que constater ce que le bord savait djà : une porte coupe-feu qui ne ferme plus, un crochet à largage sous charge dont l'essai n'a jamais t trac, un journal machine incohrent avec les heures de fonctionnement relles. Le PSC ne cre pas le problème : il le rend public, et il le facture.
Les chiffres du pour 2025 donnent la mesure de l'exercice : 16 474 inspections, 51 797 dficiences, 688 navires dtenus, soit un taux de dtention de 4,18 %, en hausse pour la troisième anne conscutive. Près de six inspections sur dix se soldent par au moins une dficience : passer sans remarque relève de l'exception.
La bonne nouvelle, c'est que la rpartition des constats est remarquablement stable d'une anne et d'un mmorandum à l'autre. Derrière chaque famille se cache la même cause racine : une maintenance faite mais non trace, une chance suivie sur un tableur, une action corrective jamais clôture. Voici comment fonctionne rellement le PSC, et comment une ϳԹ maritime transforme votre travail quotidien en preuve de conformit opposable.
Comment fonctionne le Port State Control
Un navire en escale à l'tranger peut être inspect par les autorits de l'État du port pour vrifier le respect des conventions internationales : SOLAS, MARPOL, MLC 2006, STCW, Load Lines, COLREG, BWM. L'État du pavillon reste le premier responsable, mais le PSC rattrape ses dfaillances et celles des organismes reconnus.
| 鲵 | ʰèٰ | Volume 2025 | Dtentions 2025 | ʲپܱ |
|---|---|---|---|---|
| Paris MoU | Europe, Atlantique Nord, Canada | 16 474 inspections | 688 (4,18 %) | New Inspection Regime, base THETIS, listes blanche/grise/noire, bannissement |
| Tokyo MoU | Asie-Pacifique | 35 546 inspections | 1 255 (3,53 %) | Le plus gros volume mondial, campagnes conjointes avec le Paris MoU |
| USCG | Éٲٲ-Ծ | 8 999 visites PSC | 77 (0,85 %) | Matrice de ciblage propre, programmes QUALSHIP 21 et E-Zero |
Les autres mmorandums (Viña del Mar, Indian Ocean, Mediterranean, Abuja, Black Sea, Caribbean, Riyadh) appliquent la même architecture. Les rsultats sont partags : une dficience releve à Rotterdam est visible à Gênes avant même votre appareillage.
Le profil de risque du navire
Le Paris MoU applique le New Inspection Regime, qui remplace le quota aveugle par un ciblage fond sur le Ship Risk Profile. Chaque navire est class à haut risque (HRS), risque standard (SRS) ou faible risque (LRS) selon des paramètres gnriques et historiques :
- Type de navire : ptroliers, chimiquiers, gaziers, vraquiers et navires à passagers sont rputs plus à risque.
- Â : le seuil de 12 ans est dterminant.
- Performance de l'État du pavillon : liste blanche, grise ou noire sur trois annes glissantes.
- Performance de l'organisme reconnu agissant pour le pavillon.
- Performance de la compagnie ISM, calcule sur toute la flotte gre : une compagnie classe basse ou très basse est publie nommment.
- Historique d'inspection sur 36 mois : dficiences par inspection et dtentions.
Le profil est recalcul quotidiennement. Une dtention ne pnalise donc pas seulement le navire concern : elle dgrade la performance de la compagnie ISM, et avec elle le profil de tous les navires qu'elle gère — point que beaucoup d'armements sous-estiment.
Priorit I, priorit II, facteurs prpondrants
Le profil dtermine la fenêtre entre deux inspections priodiques : 5 à 6 mois en haut risque, 10 à 12 mois en risque standard, 24 à 36 mois en risque faible. Un navire arrivant après expiration de sa fenêtre est en priorit I et doit être inspect ; dans sa fenêtre, il est en priorit II, l'inspection restant discrtionnaire.
Deux catgories d'vnements forcent une inspection hors calendrier : les facteurs prpondrants (abordage, chouement, rejet illicite, suspension de classe, signalement d'un pilote) et les facteurs imprvus (plainte d'un marin, avarie signale). Une bonne partie de votre exposition au PSC est donc pilotable.

Le droul d'une inspection
Inspection initiale
L'inspecteur commence par les documents : certificats statutaires et annexes d'quipement, rapports de visite de classe, Safe Manning Document, journaux de bord et machine, registre des hydrocarbures. Il vrifie ensuite l'tat gnral et l'hygiène du navire, et que les dficiences prcdentes ont t rectifies. Un certificat non endoss, un plan incendie absent du coffret extrieur ou une cuisine sale constituent des clear grounds : des motifs raisonnables de penser que le navire n'est pas conforme.
Inspection dtaille
Dclenche par ces clear grounds, elle creuse les domaines suspects et tire au sort des zones supplmentaires. L'inspecteur passe du documentaire au fonctionnel : dmarrage du gnrateur de secours, essai de la pompe d'incendie de secours, fermeture à distance des volets d'aration, exercice d'abandon avec mise à l'eau, alarme gnrale. Elle couvre aussi l'lment humain : Code ISM, brevets STCW, heures de repos, conditions MLC 2006.
Inspection largie
Obligatoire pour tous les navires à haut risque, ainsi que pour les ptroliers, chimiquiers, gaziers, transporteurs de NLS, vraquiers et navires à passagers de plus de 12 ans. Elle suit une liste d'items prdfinis par type de navire et dure typiquement une journe entière, contrôles oprationnels compris : l'inspecteur veut voir l'quipage excuter, pas seulement lire la procdure.
Campagnes d'inspection concentre
Chaque anne de septembre à novembre, un questionnaire thmatique s'ajoute à l'inspection normale. Paris MoU et Tokyo MoU coordonnent dsormais leurs campagnes : celle de 2025 portait sur la convention BWM, où le Tokyo MoU a constat un triplement des dficiences. Les thèmes tant annoncs à l'avance, il n'y a aucune excuse à ne pas s'y prparer.
Les familles de dficiences les plus frquentes
| Famille | Part des dficiences (Paris MoU 2025) | Cause racine dominante côt maintenance |
|---|---|---|
| Scurit incendie (SOLAS II-2) | 16,8 % — 8 713 | Rondes non enregistres, chantiers non rceptionns |
| Structure et installations lectriques (SOLAS II-1) | 11,6 % — 6 004 | Maintenance conditionnelle absente, corrosion traite en curatif |
| Sant, protection, bien-être (MLC Titre 4) | 10,1 % — 5 225 | Habitabilit hors du plan de maintenance |
| Engins de sauvetage (SOLAS III) | 9,3 % — 4 815 | Échances de service fournisseur non anticipes |
| Scurit de la navigation (SOLAS V) | 7,6 % — 3 952 | Mises à jour cartographiques et logicielles non suivies |
| Code ISM | 4,5 % — 2 322 | Non-conformits d'audit non clôtures |
Documents et certificats
Certificat expir ou non endoss, annexe d'quipement non mise à jour après remplacement d'un radeau, DOC absent du bord, Safe Manning Document dcal de l'effectif rel, brevets STCW non endosss. Cause racine : un suivi d'chances sur tableur, sans alerte et sans lien avec l'quipement concern. Le module Certificats attache chaque document au navire ou à l'quipement, avec alertes à J-90, J-60 et J-30.
Code ISM
Les plus lourdes, car elles mettent en cause le système et non le composant : plan de maintenance existant mais interventions non enregistres, non-conformits d'audit sans action corrective clôture, rapports d'avarie ne remontant pas au DPA, inventaire des ܾԳٲ critiques obsolète. Cause racine : un SMS bien crit mais non instrument. Un inspecteur trouvant trois dficiences techniques indpendantes conclura à une dfaillance systmique — et une dficience ISM majeure est dtenable en soi, comme dtaill dans notre article sur le Code ISM et la conformit maintenance.
Scurit incendie
Première famille en volume dans les deux hmisphères : portes coupe-feu cales ou à joints dgrads, volets d'aration gripps, pntrations de cloison non rebouches après chantier, extincteurs non contrôls, manches perces, commandes de largage CO2 bloques, EEBD prims. Cause racine : les rondes sont faites mais non enregistres, et les travaux de chaudronnerie ne dclenchent pas de rinspection des cloisons traverses. Chaque perçage devrait gnrer une tâche de contrôle d'intgrit dans le plan de maintenance.
Engins de sauvetage
Visite annuelle ou service quinquennal chu, crochets à largage sous charge non tests selon la MSC.1/Circ.1206, bossoirs corrods ou câbles non renouvels, brassières manquantes, feux et pyrotechnie expirs. Cause racine : ces chances dpendent de fournisseurs agrs et exigent une planification d'escale. Une pyrotechnie qui expire trois jours avant Rotterdam n'est pas un ala mais un dfaut d'anticipation : coupler les chances de service au module Achats dclenche commande et intervention avec le pravis ncessaire.
Propulsion, machines auxiliaires et installations lectriques
Fuites d'huile et de fioul, isolants d'chappement imprgns d'hydrocarbures, gnrateur de secours qui ne dmarre pas, clairage de secours insuffisant, alarme de sentine hors service, commande de secours de l'appareil à gouverner non essaye, quick-closing valves grippes. Cause racine : un plan cal sur les seules heures de fonctionnement, sans relev de paramètres. Une logique conditionnelle — temprature d'chappement, analyse d'huile, vibrations — dtecte la drive avant la panne, comme dcrit dans passer de la maintenance curative à la conditionnelle ; le module Compteurs dclenche les tâches sur relev rel.
MARPOL et prvention de la pollution
Sparateur 15 ppm à l'alarme inoprante ou incohrent avec l'Oil Record Book, ORB ratur, SOPEP aux contacts obsolètes, non-conformit SOx, registre BWM discordant avec le plan de gestion. Cause racine : l'cart entre l'quipement et l'criture — une dficience MARPOL devient un dlit dès lors que le registre ne reflète pas la ralit. Rapprocher automatiquement les relevs de Ǿ, les heures de fonctionnement et les entres de registre supprime cette incohrence.
Conditions de vie et de travail (MLC 2006)
Troisième famille en volume au Paris MoU : contrats d'engagement maritime absents ou non signs — motif de dtention rcurrent —, heures de repos non conformes, salaires en retard, logements dgrads, procdure de plainte non affiche. Cause racine : l'habitabilit n'est presque jamais dans le plan de maintenance, alors qu'elle devrait l'être : ventilation des cabines, extraction de cuisine, chauffe-eau, rfrigration alimentaire. Le module Éܾ貹 centralise contrats, brevets, visites mdicales et heures de repos avec les mêmes alertes que les certificats du navire.
Scurit de la navigation
Cartes et publications non corriges, cellules ENC ou version logicielle ECDIS primes, backup non conforme, feux de navigation dfaillants, BNWAS non enclench, test annuel de performance du VDR chu. Cause racine : les mises à jour numriques ne sont pas perçues comme de la maintenance. Une version logicielle ECDIS obsolète est pourtant traite exactement comme une carte papier non corrige.
Checklist de prparation avant escale
À drouler 72 heures avant l'arrive, puis à revalider la veille. Chaque ligne doit pouvoir être justifie par un enregistrement dat, pas par une affirmation orale.
Documents et certificats
- Certificats statutaires valides, endosss, originaux à bord.
- Annexes d'quipement cohrentes avec le matriel rellement embarqu.
- DOC de la compagnie et SMC du navire valides ; copie du DOC à bord.
- Safe Manning Document conforme à l'effectif prsent.
- Rapports des deux dernières inspections PSC avec preuve de clôture de chaque dficience.
Scurit incendie
- Portes coupe-feu : fermeture libre, joints intacts, dispositifs de retenue dsarms.
- Volets d'aration, clapets et arrêts d'urgence manœuvrs et enregistrs.
- Extincteurs, manches et lances : contrôle annuel à jour, essai de pression ralis.
- Pompe d'incendie de secours essaye en dmarrage à froid.
- Système fixe : commandes libres, alarme de largage teste, coffret accessible.
- Dtection : essai par boucle document, aucun dtecteur isol sans justification.
- EEBD, ARI et tenues de feu : validit, bouteilles pleines.
- Plans de lutte contre l'incendie à jour, coffret extrieur compris.
Engins de sauvetage
- Visites annuelles et services quinquennaux des embarcations, radeaux et bossoirs à jour.
- Crochets à largage sous charge : essai oprationnel document.
- Câbles de bossoir : renouvellement ou inversion aux dates prvues.
- Moteurs d'embarcation : essai en charge, carburant frais, batterie charge.
- Pyrotechnie, EPIRB, SART, VHF portatives GMDSS, brassières : validit et quantits.
- Exercices d'abandon et d'incendie des trois derniers mois consigns.
Machine et installations lectriques
- Aucune fuite d'huile ou de fioul ; isolants d'chappement propres et intacts.
- Gnrateur de secours : dmarrages automatique et manuel essays.
- Éclairage de secours et alimentation sans coupure tests.
- Quick-closing valves et arrêts d'urgence à distance manœuvrs.
- Appareil à gouverner : commande de secours et communication passerelle-machine essayes.
- Alarmes de sentine fonctionnelles, aucune alarme inhibe, sentines propres et vides.
MARPOL
- Sparateur 15 ppm : alarme et vanne trois voies essayes, aucun raccord non autoris.
- Oil Record Book parties I et II complets, cohrents, sans rature.
- Garbage Record Book, plan de gestion des ordures et SOPEP à jour.
- Soutes conformes en soufre, bunker delivery notes et chantillons scells conservs.
- Registre BWM cohrent avec le plan et le fonctionnement rel du système.
MLC 2006 et quipage
- Contrats d'engagement maritime signs, disponibles pour chaque marin.
- Registres d'heures de repos conformes, affichs, cohrents avec les quarts.
- Bulletins de paie et preuves de versement disponibles.
- Certificats mdicaux, brevets et endossements valides.
- Logements, sanitaires, cuisine et chambre froide propres et en bon tat.
Navigation
- Cartes et publications corriges jusqu'au dernier avis reçu.
- ECDIS : cellules ENC valides, version logicielle à jour, backup conforme.
- VDR : test annuel de performance en cours de validit.
- Feux de navigation, sifflet et signaux sonores essays ; BNWAS actif.
- Passage plan berth-to-berth sign par le capitaine.
Ce qui dclenche une dtention et ce qu'elle coûte
Une dficience est dtenable lorsque l'inspecteur estime que le navire ne peut pas prendre la mer sans danger pour lui-même, son quipage ou l'environnement : les ܾԳٲ pertinents sont-ils en tat de fonctionner, et l'quipage sait-il les utiliser en situation d'urgence ?
En 2025, le Paris MoU a relev 4 744 dficiences dtenables pour 688 dtentions : une dtention rsulte en moyenne de plusieurs constats convergents, pas d'un dfaut isol. L'accumulation de « petits » carts finit par produire une conclusion ISM — le SMS ne fonctionne pas — dtenable en soi.
- Retard immdiat : de 24 heures à plusieurs semaines si une pièce doit être achemine ou une visite de classe organise.
- Coût direct : frais de port, heures supplmentaires, transport express de pièces, techniciens fournisseurs, surestaries.
- Coût commercial : rupture de charte, pnalits, perte de fenêtre d'escale — presque toujours le poste le plus lourd.
- Dgradation du profil de risque : la dtention entre dans l'historique 36 mois du navire et dans la performance de la compagnie ISM, avec un effet sur toute la flotte gre.
- Bannissement : dans la zone Paris MoU, un navire sous pavillon de la liste noire est banni après trois dtentions sur 36 mois, un navire de la liste grise après trois dtentions sur 24 mois. Dure minimale de 3 mois au premier bannissement, 12 mois au deuxième, 24 mois au troisième, puis bannissement permanent. Changer de pavillon, de compagnie ou de nom n'efface rien : 19 navires ont t bannis en 2025.
- ܳٲپDz : les dtentions sont publies nominativement, avec le navire, le pavillon, la compagnie ISM et l'organisme reconnu — affrteurs, assureurs et vetting y ont accès.
À retenir — Le PSC ne sanctionne pas l'absence de maintenance : il sanctionne l'absence de preuve de maintenance. Un travail parfaitement excut mais non enregistr, non dat et non sign n'existe pas pour un inspecteur. À l'inverse, une dficience mineure accompagne d'un bon de travail ouvert, d'une pièce commande et d'une mesure compensatoire documente se solde souvent par un report de rectification au prochain port plutôt que par une dtention.
Comment une ϳԹ documente la preuve de conformit
Un inspecteur dispose de quelques heures : il ne peut pas tout vrifier, alors il sonde. Si les trois premiers sondages remontent une information immdiate, cohrente et date, il conclut que le système fonctionne et allège son inspection. S'ils dclenchent une fouille dans des classeurs, il creuse. Une ϳԹ maritime agit d'abord sur cette dynamique.
Historique d'intervention horodat
Chaque tâche produit un enregistrement : quipement, date et heure, intervenant, temps pass, pièces consommes, relevs, photos. Sur un poste critique — pompe d'incendie de secours, gnrateur de secours, appareil à gouverner —, l'inspecteur peut demander l'historique sur douze mois. La rponse doit tenir en quelques secondes depuis la tablette du chef mcanicien, y compris hors connexion, comme le dtaille notre article sur le journal machine numrique face aux audits.
Échances de certificats et de services
Certificats statutaires, visites de classe, services fournisseurs, talonnages, visites mdicales et brevets sont suivis dans un rfrentiel unique, avec alertes en cascade et vue consolide pour l'armement. L'objectif n'est pas de savoir qu'un certificat expire, mais de dclencher assez tôt la commande, la demande d'intervention et la rservation de l'escale adapte.
Plans de maintenance approuvs et stocks critiques
Lorsque le plan est approuv par la classification (PMS class scheme), la ϳԹ doit reflter exactement le primètre approuv, les intervalles et les tolrances, et signaler les tâches en retard. Une arborescence d'ܾԳٲ hirarchise dmontre instantanment la couverture d'un poste critique — mthode dcrite dans notre guide en 4 tapes pour un plan de maintenance prventive efficace. Et comme une dficience non rectifiable faute de pièce se transforme en dtention, la traçabilit des stocks avec seuils d'alerte sur les pièces critiques est une assurance contre l'immobilisation.
Rapports d'audit interne
Le Code ISM impose des audits internes et le traitement document des non-conformits, accidents et situations dangereuses. Chaque non-conformit doit porter une analyse de cause, une action corrective, un responsable, une chance et une preuve de clôture. La relier à la tâche de maintenance corrective produit la chaîne de preuve qu'un inspecteur cherche à reconstituer.
La boucle d'amlioration
Rectifier une dficience ne suffit pas. Ce qui distingue un armement qui sort du haut risque, c'est la capacit à empêcher la rcurrence.
- Analyser la cause racine. Une porte coupe-feu bloque n'est pas un problème de porte : c'est une contrainte d'exploitation, une absence de ronde ou un chantier mal rceptionn. Les « 5 pourquoi » suffisent, à condition d'être appliqus avec l'quipage et non depuis le bureau de l'armement.
- Distinguer correctif et prventif. Rparer la porte est correctif. Ajouter au plan une ronde trimestrielle de toutes les portes coupe-feu avec relev photo, et un contrôle d'intgrit automatique après tout perçage de cloison, est prventif. Seul le second fait baisser durablement le taux de dficience.
- Assigner, chancer, clôturer. Une action sans responsable ni date n'est pas une action ; une action clôture sans preuve n'est pas clôture.
- Mesurer. Quelques indicateurs sur un tableau de bord suffisent : dficiences par inspection, tâches prventives en retard, dlai de clôture des non-conformits, part du curatif. Un taux de prventif en retard suprieur à 10 % annonce mcaniquement une inspection difficile.
- Anticiper l'escale suivante. Le module ʰDzԲ projette la charge de maintenance et les chances à venir, pour caler les travaux sur le planning d'escales rel plutôt que de subir un rattrapage à quai.
FAQ
Puis-je refuser une inspection du Port State Control ?
Non : un navire faisant escale dans un port d'un État partie accepte de fait le contrôle. Appareiller sans autorisation après une dtention est sanctionn dans la zone Paris MoU par un bannissement immdiat de tous les ports de la rgion. Le capitaine peut en revanche faire appel de la dtention auprès de l'autorit, puis de l'État du pavillon.
Combien de temps dure une dtention ?
Sur le terrain, un dfaut rectifiable avec les moyens du bord se règle en 24 à 72 heures, rinspection comprise. Une avarie ncessitant une pièce à acheminer, un fournisseur agr ou une visite de classe conduit couramment à une immobilisation d'une à plusieurs semaines. Le facteur limitant est presque toujours l'approvisionnement, pas la rparation.
Une dficience PSC est-elle automatiquement une non-conformit ISM ?
Pas automatiquement, mais elle doit être traite comme un signal dans le système de gestion de la scurit. Le Code ISM impose d'enregistrer les non-conformits, d'en analyser les causes et de mettre en œuvre des actions correctives. En pratique, un armement rigoureux ouvre une non-conformit interne pour toute dficience PSC : c'est ce que l'auditeur et l'inspecteur suivant chercheront à vrifier.
Comment sortir de la catgorie « navire à haut risque » ?
Certains paramètres chappent à votre contrôle (type et âge du navire, performance du pavillon et de l'organisme reconnu) ; d'autres sont directement pilotables : dficiences par inspection sur 36 mois, dtentions, performance de la compagnie ISM. C'est le seul levier rellement actionnable, et son effet se mesure sur plusieurs inspections, pas sur une escale.
Une ϳԹ est-elle accepte comme preuve de conformit ?
Oui, dès lors que les enregistrements sont horodats, attribuables à une personne identifie, non modifiables rtroactivement et consultables à bord pendant l'inspection. D'où l'importance du fonctionnement hors connexion : une inspection se droule souvent en salle des machines, sans rseau. Beaucoup d'États du pavillon acceptent aussi les journaux lectroniques sous rserve d'approbation pralable — vrifiez les exigences de votre pavillon.
Que faire si je conteste une dficience releve ?
Faites-la consigner prcisment au formulaire B avec son code d'action et demandez la rfrence rglementaire exacte ; le capitaine peut y joindre des observations crites. L'appel passe par l'autorit du port puis par l'État du pavillon. Dans tous les cas, la contestation ne suspend pas la dtention : rectifiez d'abord, contestez ensuite.
Conclusion
Le Port State Control est prvisible : les familles de dficiences ne changent pas, les critères de ciblage sont publis, les campagnes thmatiques sont annonces à l'avance et les critères de dtention sont documents. Ce qui varie d'un navire à l'autre n'est pas la chance, mais la capacit à produire en quelques secondes, sans rseau, la preuve date que le travail a t fait.
Cette capacit ne s'improvise pas la veille de l'escale. Elle se construit avec une arborescence d'ܾԳٲ propre, un plan de maintenance rellement excut, un suivi d'chances qui dclenche des achats plutôt que des rappels, et une boucle de non-conformits qui se ferme avec des preuves. C'est ce que Smart Sailors, conçu par des marins et dploy sur plus de 700 navires, apporte au bord comme à l'armement.
Passez votre prochaine escale l'esprit tranquille. ou dmarrez votre essai gratuit de 30 jours. Une question sur votre flotte ? ϳԹez notre quipe, et retrouvez les dfinitions des termes employs ici dans notre glossaire maritime.
La meilleure prparation à une inspection reste un entretien tenu au quotidien, comme l'explique notre guide de la ϳԹ maritime.




